00043608

 

CHARTE

 

Ne sont autorisées que
 1) les reproductions et copies réservées à l’usage privé, non commercial du copiste à l’exclusion de toute utilisation collective

2) les analyses et courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration

3) l’insertion d’extraits dans un ouvrage de formation

associées, pour 2) et 3) à la citation du site

 

 

 

 

La tête sous l’aile

 

 

 

L’Express a publié le 30 octobre 2008 une brève interview du secrétaire d'Etat à la Consommation, Luc Chatel, réalisée par Corinne Scemama.  ( Vous pouvez trouver dans l’Express d’autres articles sur les syndics :  http://www.lexpress.fr/ )

 

Pourquoi vous êtes-vous penché sur les pratiques des syndics ?

 

D'abord, le logement représente 25 % du budget des ménages. C'est un poste important pour les consommateurs. Ensuite, en 2006, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a effectué une enquête qui révélait le manque de transparence des syndics. Ce fut le déclic. Le Conseil national de la consommation (CNC) a travaillé sur le sujet. Il a rendu un avis, en septembre 2007, qui établit la liste précise des prestations qui doivent être incluses dans la gestion courante de la copropriété. Dès lors, j'ai donné un an à la profession pour s'y conformer.

 

Treize mois plus tard, quel bilan tirez-vous ?

 

Il semblerait que la majorité des syndics aient joué le jeu. La DGCCRF a contrôlé 750 cabinets et examiné 5 500 contrats : 89 % d'entre eux avaient souscrit à l'avis du CNC. J'ai le sentiment d'avoir été entendu.

 

Allez-vous donc renoncer à légiférer ?


Je n'écarte pas cette possibilité. Je n'hésiterai pas ainsi à publier un arrêté si la seconde enquête de la DGCCRF, qui sera rendue publique avant la fin de l'année, révèle des surprises.

 

Et, dans l'autre hypothèse, en resterez-vous là ?

 

Pas du tout. Les premières recommandations du CNC ne sont qu'un préalable indispensable. Nous allons constituer un nouveau groupe de travail pour réfléchir aux obstacles qui s'opposent au changement de syndic. Certaines facturations et la gestion des comptes séparés seront également à l'ordre du jour.

 

Pourriez-vous rendre obligatoires certaines dispositions, comme celle justement sur les comptes séparés ?

 

Il ne faut pas surréglementer la profession. Ni la stigmatiser. En revanche, je veux faire en sorte que les rapports entre les professionnels et les consommateurs deviennent plus transparents. Il est indispensable de rétablir la confiance entre les différents acteurs.

 

Par ailleurs, avant la tenue du Salon de la copropriété, les articles de presse et autres colloques se sont multipliés.

Il est facile d’établir une synthèse de ces activités médiatiques.

 

 

- Les truanderies traditionnelles ont disparu. Elles sont remplacées par d’autres, générées par la multiplication des diagnostics. Les diagnostiqueurs rémunèrent les apporteurs d’affaires, qu’ils soient syndics, agents immobiliers, voire même notaires, si l’on croit la DGCCRF.

- La grande majorité des syndics professionnels a adapté les contrats de syndic en fonction des recommandations du Conseil national de la consommation (89 %).

- Dans ce cadre réglementaire, les syndics ont multiplié les rubriques exceptionnelles de rémunération, alors que l’un des buts du CNC était d’en réduire le nombre.

- Tous les intervenants s’accordent pour expliquer ces réactions par l’insuffisance manifeste des honoraires de gestion courante. Les syndics sont dans l’obligation de « gratter » ailleurs pour assurer la rentabilité normale de leur activité.

 

Tous s’accordent également pour garder le silence sur certains points :

Les recommandations du CNC ne font, grosso modo, que reprendre celles formulées en 1997 et demeurées lettre morte. Elles n’ont été respectées ni par les syndics ni par les associations de consommateurs. Ces dernières ont continué à contester des rémunérations dont le principe avait été admis en 1997.

On ne dit pas un mot de la rémunération par les banquiers des fonds déposés, au profit des syndics gérant les trésoreries des syndicats par un compte bancaire unique ouvert au nom du syndic. Elle est pratiquement admise, sous réserve d’un accord de l’assemblée générale, et constitue un élément déterminant de ce genre de débat.

Rien non plus sur les atteintes à la libre concurrence résultant de cette pratique ; les syndics gérant par comptes séparés n’ont aucune chance à l’occasion d’une consultation pour la recherche d’un nouveau syndic. Les confrères gérant par compte bancaire unique sont toujours moins-disants.

 

Les solutions sautent aux yeux. Il s’agit :

- d’imposer la gestion des trésoreries par un compte séparé ouvert au nom du syndicat

- de supprimer la rémunération des fonds déposés au profit du syndic

- de mettre au point un mécanisme permettant la rémunération des fonds déposés sur un compte séparé au profit du syndicat déposant

- d’inciter les copropriétaires à admettre, - voire à exiger -, le rétablissement des honoraires de gestion courante à un niveau décent ;

- d’éradiquer les rubriques injustifiées figurant dans la catégorie exceptionnelle des barèmes de rémunération

 

Le principe de la gestion par un compte bancaire séparé ouvert au nom du syndicat est proclamé par l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965.

M. Chatel n’est manifestement pas enclin à privilégier l’application de ce principe : « Il ne faut pas surréglementer (sic) la profession. Ni la stigmatiser. » !!!

 

Surréglementer (sic) la profession ? Des syndics correctement rémunérés préféreraient le compte bancaire séparé à la présentation des comptes de l’exercice en cinq annexes complexes et incompréhensibles pour les copropriétaires.

La stigmatiser ? Est-ce stigmatiser le mandataire social d’une personne morale que de lui demander d’ouvrir un compte bancaire au nom de cette personne morale ? Demandez aux présidents d’associations ce qu’ils en pensent.

 

 

 

 

Mise à jour

04/11/2008