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Tarifs des syndics de copropriété

 

 

M. Chatel a fait connaître sa position sur l’évolution des contrats de syndic à l’occasion d’une question orale de M. Cambon, sénateur :

 

M. Christian Cambon.  - Je souhaite appeler une nouvelle fois votre attention sur l'opacité qui entoure la facturation des prestations de syndics de copropriété. La France compte 8 millions de logements en copropriété -dont 40 % appartiennent à des ménages modestes- qui regroupent 21 millions de personnes. Or les charges de copropriété sont de plus en plus lourdes, à cause des pratiques tarifaires des syndics professionnels.

Le Conseil national de la consommation (CNC) s'en est assez inquiété pour émettre une injonction le 27 septembre 2007. Il donnait quinze mois aux syndics pour s'y conformer. Monsieur le ministre, vous vous étiez engagé à contrôler l'application de cet avis et à le transformer en arrêté si les contrôles s'avéraient décevants. Dix-huit mois après l'avis, où en est-on ?

Quatre enquêtes indépendantes, portant sur 4 600 contrats, montrent qu'à peine 50 % des professionnels respectent l'avis. Sept organisations nationales de consommateurs et copropriétaires vous ont fait part de leurs constats et vous demandent de tenir vos engagements. Les organisations professionnelles de syndics n'ont aucune enquête sérieuse à opposer aux copropriétaires et se contentent de faire pression sur Bercy en faisant valoir les problèmes de rentabilité des cabinets. C'est pour le moins déplacé en un temps de baisse du pouvoir d'achat pour les copropriétaires.

Les copropriétés sont gérées, pour plus de 60 % des lots, par de grands groupes progressivement rachetés par des banques. Les quatre enquêtes évoquées montrent que les petits syndics -derrière lesquels les grands voudraient s'abriter- sont plus respectueux de l'avis du CNC que les grands.

Envisagez-vous désormais d'adopter un texte normatif pour mettre fin à ces tarifs jugés abusifs par tous les observateurs ?

M. Luc Chatel, secrétaire d'État chargé de l'industrie et de la consommation.  - Ce sujet intéresse la vie quotidienne d'un grand nombre de nos concitoyens. Le baromètre de la DGCCRF a révélé qu'une part significative des difficultés rencontrées par les copropriétés tenait à la répartition entre les charges de gestion courante et les charges exceptionnelles. J'ai donc souhaité que les prestations des syndics soient incluses dans un forfait dont les bases sont définies et formalisées selon les recommandations de la CNC. Cette harmonisation doit permettre aux copropriétaires de comparer les prix, et donc de les faire baisser.

J'avais donné six mois aux professionnels pour s'y conformer. Les premiers résultats de l'enquête menée auprès de 750 syndics montrent que les contrats conclus depuis lors sont globalement conformes. Par la suite, ont été examinés 1 446 syndics et 2 500 nouveaux contrats ; les premiers résultats ont été confirmés. Le renouvellement des contrats se poursuit et j'ai rappelé aux professionnels de l'immobilier mon attachement à ce dossier. S'il apparaît que leurs efforts s'essoufflent, je me réserve de prendre un arrêté. Mais, pour le moment, je constate une réelle amélioration de la situation et je reste confiant dans la volonté des acteurs d'appliquer la mesure.

M. Christian Cambon.  - J'insiste sur l'importance de ce problème, principalement pour les petits copropriétaires en région parisienne, où les charges de copropriété représentent souvent l'équivalent d'un loyer.

Une information gouvernementale, comme vous savez si bien les faire, serait bienvenue pour aider les petites copropriétés à comparer et mettre en concurrence les syndics.

 

commentaires

 

La réponse claire de M. Chatel a déçu les partisans de la réglementation par voie d’un arrêté.

Nous avons déjà fait valoir que l’énumération exhaustive devait porter sur les prestations exceptionnelles et non sur les prestations de gestion courante. La règle énoncée à juste titre par la jurisprudence est très simple : le syndic ne peut facturer indépendamment des honoraires forfaitaires que des prestations figurant explicitement dans la catégorie exceptionnelle.

En cas de litige, il suffit donc au Juge de vérifier

- la nature de la prestation litigieuse

- l’existence d’une rubrique correspondante dans la catégorie des prestations exceptionnelles.

Il déboute le syndic de ses prétentions si la rémunération de la prestation litigieuse n’est pas prévue dans la catégorie exceptionnelle.

Il peut aussi le débouter si, de toute évidence, il s’agit d’une prestation de gestion courante, prévisible et récurrente.

 

Certains syndics ont, en fonction de ce système, des contrats « TOUT …. SAUF » beaucoup plus simples que les différents projets qui ont été publiés.

 

Par ailleurs, l’action gouvernementale de persuasion devrait porter sur les montants de certaines prestations exceptionnelles qui sont abusifs. C’est le cas notamment pour le coût des états datés en cas de transfert de propriété, même si l’on admet que d’évidence, ils incluent également la note de renseignements demandée en même temps par les notaires.

 

Rappelons que, désormais, le contrat de syndic ne doit plus comporter d’indications au sujet de la rémunération des syndics pour les prestations assurées à l’occasion de travaux exceptionnels. La rémunération doit faire l’objet d’une décision spécifique de l’assemblée pour chaque chantier. Cette réforme n’est qu’un jet de poudre aux yeux.

 

 

 

 

 

Mise à jour

23/06/2009